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Les Veines de l'Esprit

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Louis Lavelle – penseur de l’unité

Il est quelques penseurs qui analysent avec profondeur la déperdition contemporaine de l’intériorité. Parmi eux, il en est de remarquables parmi lesquels nous trouvons Robert Redeker[1] ou Emmanuel Godo[2]. Notre civilisation crépusculaire traverse une peur liée à l’idée d’avoir à affronter les profondeurs de l’âme, et préfère bien souvent les fuir en se cachant derrière le ricanement niais. Le sarcasme repose du questionnement.

Faisant partie de ces auteurs qui préfèrent l’acte à la plainte, la plume au regret « du bon vieux temps », grande fut ma joie lorsque je découvris, au détour de mes lectures passionnées de Gabriel Marcel, d’Henri Gouhier et de quelques autres, le nom, jusqu’alors inconnu pour moi mais revenant régulièrement, de Louis Lavelle.

J’en voulus connaître la pensée plus avant et me rendis compte – avec colère et stupéfaction – que ses œuvres étaient pour la plupart… épuisées et guère rééditées !

Triste époque… Crépusculaire civilisation disais-je…

Une source providentielle me vint d’un pays qui, dans le domaine culturel, n’en est point à son coup d’essai.

Je considère depuis bien longtemps le Québec comme le seul vrai peuple apte à défendre et aimer la langue française. Nullement les paillassons de l’américanisme envahissant comme le sont les valets de Français, ils en propagent les œuvres (françaises, mais pas seulement) par leur site remarquable créé par Jean-Marie Tremblay, fondateur des Classiques des sciences sociales.

Grâce à eux, je pus découvrir ce monument de la pensée, cette source intemporelle de méditation que demeure Louis Lavelle !

Ce puissant philosophe de la première moitié du XXe siècle est, entre autres, l’auteur d’une vaste étude en quatre volumes (une cinquième était en préparation, mais inachevée par la mort de l’auteur survenue en 1951) intitulée La Dialectique de l’Éternel Présent. Lui-même annonça en 1947, pour la réédition de De l’Être, dans « L’Introduction à la Dialectique de l’Éternel Présent » qu’il ajouta à cette occasion, ce qui devait constituer cette cathédrale philosophique. Il déclara que la « Dialectique de l’Éternel Présent […] devait elle-même comprendre cinq volumes : de l’Être, de l’Acte, du Temps, de l’Âme et de la Sagesse, dont les trois premiers ont déjà paru, dont les deux derniers sont encore sur le chantier[3]. » Finalement, De l’Âme paraîtra en 1951, l’année de sa disparition, et clôturera cet édifice prématurément.

Pour qui s’interroge sur l’unité, Louis Lavelle offre une interprétation puissante et originale. À partir de racines spiritualistes s’enracinant entre autres chez Platon, Maine de Biran ou Bergson, Louis Lavelle réinterroge cette question en y apportant un regard nouveau.

Louis Lavelle s’appuie sur la démonstration l’ayant tout d’abord mené à l’affirmation que « l’être, c’est toujours l’être absolu[4] » pour rappeler que, nécessairement, il ne peut exister « de principe plus haut qui le fonde[5] ». Il découle logiquement de ce raisonnement que « nous sommes astreints à considérer toute raison d’être comme intérieure à l’être[6] », si bien que, au sein de cet être absolu – mais hautement dynamique, puisque tout y est action et liberté – la notion de lien est fondamentale.

Rien n’y est en effet réellement séparé, éloigné, tout est ontologiquement parlant relié. Il serait même hautement paradoxal que l’on pût affirmer que, au sein d’un être absolu, une personne ou une chose apparaisse « isolée, circonscrite dans des frontières susceptibles de définir son être séparé, en tant qu’il est véritablement indépendant de tous les autres[7]. » Cette notion d’unité universelle, de liens indissolubles pour ainsi dire insécables, est d’une grande force mystique. En effet, toute présence, quelle qu’elle soit, « est suspendue dans le tout par des relations qui l’unissent à toutes les parties du tout. Ainsi l’être qui lui est propre réside dans ses relations avec le tout ; c’est son inscription dans le tout ou son appartenance au tout qui donne l’être à chaque chose[8] ».

On sent ainsi toute la légitimité ontologique apportée par Louis Lavelle à la notion d’univocité qu’il définit comme « l’unité concrète de l’être[9] ». De cette dernière émane cette notion tout aussi essentielle de « relation » que le philosophe perçoit comme « l’identité de l’être et du tout dans le langage de l’ontologie[10]. »

On voit dès lors que toute la métaphysique de Louis Lavelle donne au lien entre le concept de l’être et la théorie de l’unité une importance fondamentale, tant y réside une compréhension dynamique et participative de l’être, ce dernier conçu comme acte unifiant.

[1] Cf. Robert Redeker – La lucidité d’un réfractaire – L’enchassement, notamment, pour une évocation de L’Abolition de l’âme, en mars 2023 aux éditions du Cerf ou Éloge spirituel de l’attention, publié en avril 2025 chez Artège. L’essai intitulé Descartes, le miroir aux fantômes, sorti en mars 2025, également aux éditions du Cerf, a reçu le Grand Prix des Rencontres Écossaises et une évocation de ce dernier est disponible au lien suivant : Descartes – L’énergie au service d’une nouvelle naissance de la philosophie – L’enchassement

[2] Voir par exemple le superbe Ton âme est un chemin – La vie spirituelle avec Dante, publié en septembre 2024 chez Artège. Sans doute n’est-ce pas un hasard que cette œuvre soit dédiée à Robert Redeker. De même, qu’il se soit intéressé à Léon Bloy, à travers son Léon Bloy – Écrivain légendaire, publié en septembre 2017, est dans la continuité de sa pensée.

[3] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 10.

[4] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 14.

[5] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 14.

[6] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 14.

[7] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 15.

[8] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 15.

[9] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 15.

[10] LA DIALECTIQUE DE L’ÉTERNEL PRÉSENT, DE L’ÊTRE de Louis Lavelle, AUBIER, ÉDITIONS MONTAIGNE, PARIS, 3e trimestre 1947, P. 15.

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